Le Bullet Journal est un carnet personnel. L’usage d’un journal intime optimisé , d’autant plus à une visée thérapeutique, doit être régi par des règles, afin de protéger son utilisateur.

Nous avons élaboré un code de déontologie

Je ne parle pas seulement d’éthique, comme vous pouvez le voir, car nous sommes intransigeants sur cet aspect. L’enfer étant pavé de bonnes intentions, nous souhaitons protéger chacun des utilisateurs/bénéficiaires/patients de lui-même et des personnes qui peuvent avoir accès à ce journal, même si les intentions sont louables.

La vie privée

Pour la petite explication, le patient se doit d’être honnête avec lui-même dans son journal, car son contenu ne regarde que lui.

Ne pas lire le contenu sans son consentement éclairé et explicite.

Si au fil des pages le regard du jugement du thérapeute le toise, sachez que cette oppression le suivra hors du cabinet. Il pourrait truffer son journal de mensonges pour ne pas subir votre désapprobation. Or, nous en convenons, ça n’est pas votre approbation le but de la thérapie (même si certains se perdent à le penser…) mais bien le travail en amont. Ne soyez pas son épée de Damoclès invisible. Laissez le venir à vous.

Convenez en début de thérapie des pages qu’il convient de montrer absolument.

Si mensonge il doit y avoir, ils seront concentrés sur une page, et ne s’étaleront pas partout. Que ces pages « obligatoires » soient l’extension de la thérapie à la maison et de votre autorité (terme relatif mais pas inexact pour autant).

Admettez votre tentative de neutralité d’avance échouée.

Si beaucoup de professionnels s’exercent chaque jour à trouver un moyen d’être le plus neutre possible, si cette neutralité est satisfaisante au regard extérieur du cabinet, tant mieux, ces efforts ne sont jamais vains. Mais convenez de votre condition humaine, et du ressenti du patient à ce propos. Les patients ne sont pas dupes, ils savent d’entrée que vos efforts sont un perpétuel perfectionnement vers un but inaccessible. Si vous admettez votre impuissance sans y céder, vous comprendrez aisément l’importance des deux premiers points de ce code.

Acceptez le droit de réserve du patient.

Si votre but, bien intentionné, est de transmettre une page importante à l’ensemble de l’équipe thérapeutique, demandez son consentement éclairé et explicite à votre patient. Il se peut qu’il préfère simplement que vous transmettiez quelques informations.

Le journal est une prothèse narcissique

Lorsque les émotions se posent sur le papier, que les mots filtrent de par leur sens ces émotions, il n’en est pas moins qu’elles existent et subsistent à la relecture. Lorsque vous lisez le journal d’un patient, vous n’avez que la face visible. Dans le rôle du journal, il y a cette notion de comprendre que le journal est une extension de soi, une prothèse identitaire qui passe par divers stades détaillés dans ma publication (revue Santé Mentale) ainsi que dans mon ouvrage. A chacun de ces stades, l’identité est fragile, le patient aussi.

Le cahier mérite le même soin que le patient.

Jouez le jeu de la prothèse narcissique. N’écrivez pas sur son journal, munissez vous d’un post it pour qu’il s’approprie les informations que vous lui transmettez. Une mise en page, même si elle vous paraît bâclée ou inesthétique, peut résulter d’heures de préparation, et votre écriture rapide au stylo bille dans un coin peut avoir le même effet sur son psychisme que de l’avoir dénigré ouvertement verbalement.

Encouragez le dans la relation de transfert narcissique que le cahier propose.

Le cahier peut prendre une dimension extraordinaire dans la vie du patient, ne freinez pas cet enthousiasme. Il faut parfois longtemps pour le cahier soit finalement vu comme une extension de soi, mais tous les stades précédents sont bénéfiques. N’hésitez d’ailleurs pas à nous contacter si vous avez un doute à ce propos, nous pourrions voir ensemble. Accepter cette relation est parfois difficile pour le thérapeute à cheval sur le transfert, contre-transfert, ce que je comprends, mais il est dans nos valeurs de sortir la thérapie de cette voie sans issue.

Acceptez la relation de collaboration entre vous et le patient et le reste de l’équipe thérapeutique.

La voie psychoéducative du journal permet au patient de devenir acteur de sa thérapie, ce qui peut être troublant pour beaucoup de thérapeutes. Le bénéfice pour le patient est maximum, car s’il comprend ses difficultés, il va spontanément chercher des voies de résolution. Ce peut être un soulagement dans certaines thérapies où le praticien est écrasé par le poids de sa responsabilité, dans d’autres c’est la remise en question de l’omnipotence du thérapeute, qui, même si elle reste bien intentionnée, peut être le substrat d’abus indénonçables du fait du statut de « malade psychique » qui décrédibilise le patient aux yeux des autres acteurs thérapeutiques ou de la justice.

Tout ceci est bien sûr détaillé dans l’ouvrage et la formation.

Ne sont promus que les thérapeutes formés par nos soins et s’engageant à respecter notre déontologie. Bujo Thérapie étant un nom de marque déposée, vous ne pouvez utiliser ce nom à des fins qui ne sont pas admises par l’association et vous vous exposez à des poursuites judiciaires.

Pour avoir plus d’informations, ou dénoncer des abus, contactez nous. Renseignez-vous sur votre thérapeute afin de vérifier s’il a notre approbation éthique, auprès de nous.

Pour la moindre question complémentaire, nous sommes à votre entière disposition.